Ministère de la Justice
MÉTIERS
 
 

10 juillet 2007

Portrait d'Irène Patureau, agent d’accueil au TGI de Lille

Accueillir environ 1000 personnes par jour, les orienter, les rassurer souvent, distribuer une centaine de dossiers de demande d'aide juridictionnelle... Irène Patureau, agent d'accueil, est la première personne que justiciables, magistrats et fonctionnaires rencontrent en pénétrant dans le tribunal de grande instance de Lille. Le sourire aux lèvres, elle confirme : « j'adore ce que je fais ».

Une profession... de foi

D'un mot bienveillant matiné d'humour, Irène Patureau oriente une jeune femme : « Une fois devant la porte de la section Instruction, vous sonnez. C'est blindé. Il y a une caméra. Et... si tout va bien... on vous ouvre! » Sa bonne humeur se transmet instantanément : « Merci, vous êtes rassurante ».

Irène Patureau, Crédits : C. BerthelemyCe genre d'échanges est le quotidien de cette femme de 57 ans qui a consacré sa carrière à l'accueil du public.

Les tâches administratives dont elle a la charge sont également tournées vers l'accompagnement : quand l'accueil personnalisé du 1er étage est surchargé, elle fait le relais, aide, et continue à orienter vers les salles d'audience, le tribunal d'instance qui vient de déménager, la maison de l'avocat pour les questions pointues. Le planning des audiences de la semaine en mains, elle gère également les changements de salles, et « c'est de plus en plus compliqué : les audiences du matin débordent sur celles, nombreuses, de l'après-midi. Mais il faut bien que celles-ci se tiennent ! Alors, je cherche une salle, même si les locaux ne sont pas extensibles ».

 

Un travail au long cours, un dynamisme intact

Pour Irène Patureau, tout passe par la communication et par la volonté. De sa propre initiative, elle rédige une lettre interne trimestrielle, sorte de bulletin qui donne le pouls du TGI. Tiré à 500 exemplaires, le support n'a qu'un objectif : « décloisonner un peu : les professionnels passent, me saluent, montent. On peut vite rester dans son bureau et ne rien connaître de la vie de ses collègues. Alors je note les arrivées, les naissances, une petite phrase, le calendrier des événements, récupère des dessins humoristiques. Pas de polémique, pas de croustillant : juste du liant ». Et l'outil fonctionne : 10 ans qu'elle y veille !

Irène Patureau, Crédits : C. BerthelemyCar le contact est son mode de vie. « Depuis que j'ai passé mon Bac, je suis à l'accueil. C'est mon choix. Je ne pense pas que quelqu'un qui n'aime pas ça puisse le faire. Ici, nous voyons surtout des gens défavorisés. Ils ont de gros problèmes. Parfois, j'ai connu les parents. Je vois aujourd'hui leurs enfants. Cette femme venait encore en chemise de nuit il y a quelques temps. Je vois des gens qui ont des parcours... Alors, vous savez, il vaut mieux, il faut rester humble. Mais le soir, quand je rentre, je me balade une heure pour me vider la tête. »

Un court moment de confidence douce amère, vite balayé par la bonne humeur d'un avocat. En passant et, sans autre introduction, ni conclusion, il lui chante d'une voix de ténor « T'aimer encore ... »


 
 
  


 
 
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