Ministère de la Justice
MÉTIERS
 
 

03 mars 2010

Surveillant pénitentiaire

La formation des agents du corps d’encadrement et d’application

Recrutés sur concours professionnel, les premiers surveillants ont tous une expérience du métier de surveillant. Leur rôle est d’assurer la mise en œuvre des orientations du chef d’établissement pour une prise en charge, individuelle et collective, de la population carcérale. Savoir, savoir-faire et savoir-être, leurs compétences humaine et professionnelle sont acquises lors d’une formation entre école et terrain, d’une durée de 13 semaines.

Crédits photo : ENAP

Simulation d'intervention dans un incendie de cellule - © ENAP

 

L’apprentissage des bonnes pratiques comme principe de formation

Situations simples, complexes ou même de crise, la formation à l’école de l’ENAP repose sur la transmission de consignes, gestes et pratiques spécifiques, délivrées notamment à l’occasion de mises en situation. Au sein de locaux dédiés - bâtiment de simulation, stand de tir et dojos - et traduisant l’univers carcéral, des scénarios réalistes permettent aux agents de s’exercer aux comportements et solutions à adopter. Avec une place à l’initiative, il s’agit d’apprendre à diriger une intervention, résoudre un problème et faire face à des situations critiques.

Des outils cadres pour gérer efficacement une unité de travail, encadrer et animer une équipe

A disposition des personnels, des guides communs assurent la diffusion des savoirs pour la gestion du quotidien. Composés de fiches régulièrement enrichies et complétées, ces supports répondent aux besoins de connaissance des agents de l’administration pénitentiaire en matière  réglementaire, technique et déontologique. Il s’agit des pratiques de référence opérationnelle.

 

3 questions à Sébastien Poirier, chef de cabinet de l’ENAP

En plus de la transmission des bonnes pratiques, quelles sont les autres principes pour assurer une formation efficace ?

La formation des premiers surveillants a en effet d’abord une vocation professionnelle puisqu’elle s’adresse exclusivement à des personnels qui sont déjà fonctionnaires de l’administration pénitentiaire et accèdent à un nouveau poste, à une nouvelle responsabilité. Néanmoins, au-delà de la transmission des bonnes pratiques, l’ENAP s’attache également à permettre l’accompagnement, auprès de l’ensemble de ses publics d’ailleurs, des réformes de l’institution. Le contexte actuel s’y prête particulièrement par la promotion des RPE et de l’inscription de la Loi pénitentiaire dans les contenus de formation. S’agissant plus particulièrement des premiers surveillants, la formation de ces futurs personnels d’encadrement est aussi construite autour de rappels réglementaires et d’une sensibilisation aux méthodes de management en insistant sur le savoir être.

Comment les agents réagissent aux mises en situation ? Quelles sont leurs forces et faiblesses ?

Les agents sont très attentifs aux mises en situations qui traduisent en pratiques professionnelles des enseignements théoriques dont l’intérêt professionnel n’est pas toujours immédiatement mesuré. Les réactions sont très diverses puisqu’elles font écho à l’expérience de chacun. L’intérêt de la mise en situation à l’ENAP est de confronter un cadre théorique avec des applications concrètes, de faire entendre qu’au-delà de la bonne pratique, il y a aussi la bonne attitude, le bon positionnement professionnel. La mise en situation garde évidemment des limites matérielles et humaines. Les élèves espèrent obtenir des « recettes » applicables face à une situation donnée lorsque le rôle du formateur est d’expliquer que le règlement ne doit pas exclure le bon sens et le discernement. La dimension humaine de ce métier implique que deux situations ne sont jamais exactement identiques et les élèves comprennent, par le biais d’une simulation, comment leur comportement peut influer sur le déroulement d’une situation.

Une fois la formation délivrée, existe-il des rapports entre le terrain et l’ENAP ?

Le lien est permanent entre l’ENAP et le terrain. D’abord parce que toutes les formations sont dispensées en alternance. Les formateurs du département de la scolarité et des stages restent donc quotidiennement en contact avec notamment les formateurs, les chefs d’établissement et les CURFQ des DISP. Ensuite parce que l’ENAP maintient une très forte activité de formation continue. Un premier surveillant par exemple pourra s’inscrire dans un monitorat (secourisme, tir, ARI, technique d’intervention) ou développer ses connaissances dans un domaine particulier (ressources humaines, greffe…). Les personnels de l’ENAP n’oublient pas qu’ils ont d’abord vocation à répondre aux attentes du terrain.

 

© ENAP

 

Le bâtiment de simulation

Il comporte quatre zones complémentaires de simulation, accompagnées d'un pôle d'enseignement de secourisme et de salles de cours banalisées. La zone d'apprentissage par simulation est composée de cellules desservies par un couloir ou par des coursives, reproduisant les deux types les plus courants de configuration d’espaces de détention. Un deuxième espace met en pratique des exercices de lutte contre le feu où peuvent être reconstitués et diffusés des fumées d'incendie. Dans une troisième zone sont simulés les problèmes d'accès et de contrôle, notamment autour des portiques de détection des masses métalliques, des tunnels de contrôle des bagages et de la biométrie. La dernière zone est polyvalente : elle permet des reconstitutions ponctuelles de lieux et d'évènements spécifiques, dans des espaces comme des parloirs ou les cours de promenade.

 

 
 
  


 
 
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